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Se déconfiner au bon rythme

Par obligation ou par choix, certains sentent peut-être qu’ils ont abusé de la sédentarité, inévitablement liée au confinement des dernières semaines, et ressentent aujourd’hui l’envie de se remettre en forme. Peu importe l’activité privilégiée, la règle d’or impose de remettre en marche notre « machine » de façon progressive. Que ce soit pour le débutant ou pour celui qui se remet d’une blessure, un programme de progression graduel et fractionné, alternant marche et course, permettra l’atteinte des objectifs les plus fous en minimisant les risques de blessures au passage. Le livre Prévention des blessures en course à pied (1) propose entre autres un programme fractionné qui débute le « Jour Un » par une sortie alternée entre trois minutes de marche et trois minutes de course. Ce même programme amènera le coureur à parcourir trente minutes de course en continu après huit semaines de progression graduelle et assidue. Nous avons tous des conditions physiques particulières et évidemment certaines situations pourraient nécessiter la consultation d’un professionnel de la santé. Bon déconfinement !

Rémi Charbonneau, ingénieur
Expert scientifique – Ingénierie mécanique
Courriel : rcharbonneau@msei.ca
Cellulaire : 514-475-7364

 

1 Prévention des blessures en course à pied : La Clinique Du Coureur, Blaise Dubois, 2010.

Se déconfiner au bon rythme2020-06-17T17:46:35+00:00

Les lunettes polarisées : comment ça marche ?

Par David Rousseau, M.Sc., Chimiste

La lumière visible est une onde ; au même titre que les micro-ondes, les rayons X, les UV ou les ondes radio. On les appelle les ondes électromagnétiques et on les représente d’ailleurs généralement comme une sinusoïde, un peu comme une corde que l’on ondule. La seule particularité de la lumière par rapport aux autres familles d’ondes électromagnétiques est que notre cerveau la traite de façon très efficace comparativement aux autres ondes qui nous entourent. Cette petite bande d’ondes est extraordinairement bien interprétée par le cerveau, au point qu’il nous en donne une représentation physique : la vue.

Pour les autres familles d’ondes, des supports matériels ou des équipements sont requis pour en permettre la visualisation. Les meilleurs exemples étant la radiographie ou la thermographie.

Thermographie
(visualisation des infrarouges)

Radiographie
(visualisation des rayons X)

Cette facilité qu’a notre cerveau de traiter la lumière fait que nous recevons parfois trop d’informations. Dans certains cas, une quantité moindre de lumière est souhaitable pour un meilleur traitement de l’information. Nous diminuons donc instinctivement la quantité d’information reçue et transmise au cerveau en fronçant les yeux ou en portant des lunettes de soleil, par exemple. Aujourd’hui, nous pouvons même éliminer complètement certaines informations parasites grâce aux lunettes polarisées, augmentant ainsi grandement notre confort de vision.

Sans lunettes polarisées

Avec lunettes polarisées

Qu’est-ce que la polarisation ?

Qu’est-ce qu’une information lumineuse parasite ?

Polarisation

La lumière naturelle émise par le soleil n’est pas polarisée, c’est-à-dire que les rayons lumineux qui nous parviennent n’ont pas d’orientation privilégiée. En reprenant l’analogie de la corde qui ondule, nous pouvons représenter la propagation de plusieurs ondes lumineuses comme suit :

On voit ici quatre (4) ondes de lumière de même amplitude et de même fréquence se propageant dans la même direction, mais sans orientation privilégiée, un peu comme des cordes que nous ferions onduler dans différentes orientations (de haut en bas, de droite à gauche ou en diagonal).

C’est ce que l’on appelle un rayon de lumière non polarisé. « Non polarisé » est le terme consacré pour dire « sans orientation privilégiée ». Si on se place dans l’axe de déplacement de ces ondes de lumière, nous les voyons poindre dans des directions différentes :

Le schéma ci-dessus montre quatre (4) ondes parmi l’infinité d’ondes qui nous parviennent dans toutes les orientations possibles; la représentation usuelle d’un rayon de lumière non polarisé est donc comme suit :

Toutes ces ondes forment un rayon lumineux non polarisé.

Information lumineuse parasite

L’information lumineuse parasite peut se définir comme le rayonnement qui est réfléchi sur les objets, mais qui ne fournit pas d’information sur la couleur, la texture ou la forme de l’objet. Cette lumière, qui est entièrement réfléchie par la surface, comme sur un miroir, vient parasiter l’information utile transmise par les objets, ce qui nous renseigne sur leurs couleurs, leurs formes ou leurs textures.

Lorsque cette lumière est réfléchie sur une surface horizontale (par exemple la mer, une route ou la neige sur les pentes de ski), la lumière se polarise naturellement selon un axe privilégié : l’axe horizontal.

Il en résulte donc une quantité d’information réfléchie très majoritairement dans cet axe, causant notre éblouissement.

À un angle précis (l’angle de Brewster), qui dépend principalement du matériau sur lequel la lumière arrive, elle se réfléchit à 100 % dans l’axe horizontal, créant un éblouissement maximal. Ceci se produit sur la mer ou sur la route lorsque le soleil est relativement bas dans le ciel, car il faut un angle d’environ 30° par rapport à l’horizon pour que cet effet soit à son maximum. Cependant, ce phénomène est beaucoup plus marqué à la montagne et peut se produire à toute heure de la journée puisque la réflexion se fait sur des surfaces pentues et donc à des angles très variables.

Des lunettes de soleil standards, non polarisées, vont atténuer la quantité de lumière globale qui nous parvient, mais sans « cibler » les rayons parasites réfléchis. La proportion de lumière parasite reste donc très importante et majoritaire, elle continue donc de masquer une partie de l’information lumineuse pertinente que notre cerveau veut traiter.

En revanche, les lunettes de soleil polarisées sont conçues pour ne laisser passer que la lumière polarisée dans le sens vertical (↨) et elles vont donc complètement bloquer cette information parasite.

Les lunettes polarisées sont toujours polarisées dans le sens vertical (↨), car ce sont les réflexions parasites provenant de surfaces horizontales qui sont le plus dérangeantes dans la vaste majorité des cas (surface de l’eau en bateau ou surface de la route en voiture).

Cependant, si vous êtes amateur de photographie, vous savez que les filtres polarisés que l’on adapte sur les lentilles sont rotatifs. La raison est qu’il est impératif que l’on puisse ajuster l’angle du filtre en fonction de la position de l’appareil pour garder la polarisation dans l’axe souhaité (↨), afin de pouvoir prendre des photos avec l’appareil dans différentes positions.

Ou encore, de pouvoir couper le reflet (lumière parasite) d’une surface non horizontale comme une vitre de fenêtre par exemple, et ainsi de pouvoir photographier au travers.

Cet effet de réflexion naturelle de la lumière sur les vitres donne une certaine intimité au niveau résidentiel, mais pose des problèmes au niveau commercial. Des filtres polarisés sont d’ailleurs installés sur certaines vitrines de magasin afin d’éviter ce type de reflet et ainsi permettre aux passants de voir clairement les présentoirs à l’intérieur des magasins à toute heure de la journée.

La science est partout !

Vous avez peut-être également remarqué que certains écrans semblent noirs lorsqu’on les regarde avec des lunettes polarisées. Ceci vient du fait que ces écrans émettent une lumière polarisée qui est exactement à 90° de l’angle de polarisation de vos lunettes. Il se produit un mécanisme identique à celui de la lumière polarisée réfléchie par la surface de l’eau, mais cette fois, l’effet est indésirable.

Heureusement, la majorité des écrans, notamment ceux dans les véhicules, émettent de la lumière polarisée à un angle qui les rend lisibles avec des lunettes de soleil.

La prochaine fois que vous porterez vos lunettes polarisées en auto, il vous suffira de tourner la tête pour déterminer l’angle de polarisation de votre écran.

Voilà, la polarisation n’a maintenant plus de secret pour vous… ou presque !

Pour toute question, n’hésitez pas à prendre contact avec notre spécialiste :

David Rousseau, M.Sc., Chimiste

Expert scientifique – Chargé de projet senior Courriel : drousseau@msei.ca

Cellulaire : 514-679-2058

Les lunettes polarisées : comment ça marche ?2020-06-25T17:33:20+00:00

Rayonnements UV et dommages aux cellules

Les réactions chimiques induites par la lumière sont étudiées par une branche de la chimie que l’on appelle, sans grande surprise, la photochimie. Par lumière, nous entendons ici « ondes électromagnétiques »; ce qui inclut, outre la lumière visible, les ultraviolets (UV), les infrarouges (IR) et toutes les autres familles d’ondes : les rayons gamma, les rayons X, les micro-ondes et les ondes radios.
Les familles d’ondes se classent par fréquence, ce qui équivaut à les classer selon leur énergie.

Crédit photo : https://www.pinterest.ca/pin/303148618666006847/

Pour agir sur une molécule organique (à base de carbone) tel qu’une feuille d’arbre, une peinture, un morceau de plastique ou notre peau, le rayonnement doit transporter assez d’énergie pour activer une réaction au niveau atomique.
En règle générale, plus le rayonnement est énergétique, plus il est potentiellement nocif. Nous savons que les rayons Gamma (exemple) et les rayons X sont très dommageables pour nos cellules, mais la dangerosité des rayons UV sur les molécules organiques n’est généralement pas estimée à la hauteur des dommages que cette famille d’ondes peut infliger.
Heureusement pour nous, le soleil a un spectre d’émission qui ne s’étend pas aux rayons Gamma ni aux rayons X. Cependant, il émet une quantité non négligeable de rayons UV. Nous sommes donc constamment soumis à un bombardement de rayonnements UV dont les effets s’accumulent au fil du temps. Bien que les effets de dégradation causés par l’exposition aux UV soient visibles autour de nous sur les matériaux plastiques ou les peintures sans additif anti-UV, nous négligeons trop souvent la protection de notre peau, en partie du fait qu’elle se régénère naturellement, contrairement au vernis du patio…
Les effets de l’exposition prolongée et répétée aux UV ont toutefois des conséquences irréversibles sur notre peau comme peu tristement en témoigner M. Bill McElligot, devenu célèbre suite à l’article paru dans le New England Journal of Medecine. M. McElligot a conduit son camion de livraison quotidiennement pendant 28 ans, exposant par conséquent la partie gauche de son visage aux UV de façon prolongée et répétée, le tout résultant en un vieillissement prématuré localisé.


Crédit photo: New England Journal of Medicine (www.nejm.org)

Avec les beaux jours qui arrivent, ayez le réflexe « crème solaire ». Et n’oubliez pas non plus que même si les vitres de la maison filtrent la grande majorité des UV, une partie d’entre eux (principalement les UVA) atteignent notre peau.
Lors de longs déplacements en auto, gardez également à l’esprit que, très souvent, seul le pare-brise est traité contre les UVA. Appliquer un film anti-UV sur les vitres de côté ou l’ajout de pare-soleil pour les enfants à l’arrière est donc une excellente idée.
Comme beaucoup de choses dans la vie, profitez du beau temps avec modération… et protection!

David Rousseau, M.Sc., Chimiste
Expert scientifique
Chargé de projet senior

Rayonnements UV et dommages aux cellules2020-06-12T19:01:08+00:00
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